J’ai trouvé une fleur séchée dans un vieux livre,
Perdue entre deux pages où le passé se livre.
Elle portait l’odeur de l’automne fané,
Du vent et de la nuit, d’un silence sacré.
Ô fleur abandonnée, dis-moi, ton souvenir
Était-ce ton amant ou bien ton doux désir ?
Le monde tourne et fuit, le temps est un menteur,
Mais toi, tu dors ici, dans ce livre, hors des heures.
Peut-être qu’un dépit t’y posa en pleurant,
Une lettre oubliée, un silence brûlant.
Les mots sur le papier, blanchis par le chagrin,
Gardent l’écho lointain d’un soir ou d’un matin.
Ô fleur abandonnée, dis-moi ce que tu sais !
Quelle fut ta passion : un éveil sans regret,
Un soupir amoureux, un adieu sans raison
Ou le rêve fuyant d’un cœur en désertion ?
Le lecteur tourne les pages en lisant des extraits,
Les poètes s’abreuvent d’encre et de secrets.
Mais toi petite fleur, entre ciel et papier,
Tu détiens des aveux qu’on ne peut publier.
Alors j’ai refermé ce vieux livre jauni,
Comme on ferme les yeux d’un amour infini.
Mais dans ce doux recueil, un accord a tremblé
et la fleur a chanté ce qu’elle voulait taire.
Ô fleur abandonnée, tu vis dans mon refrain !
T’es la trace d’un cœur, d’un amour incertain.
Et si nul ne t’a vue, moi je t’ai comprise.
Ton histoire est en moi, toi fragile et promise.
GE-Avril 2025

