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J’aimerais tant aller à Zanzibar.
Là où le temps prend le temps
Où les soucis font leurs valises
Et s’envolent en riant dans le vent,
Souffle des marées parfumées d’épices
J’y boirais la mer à petites gorgées,
En chemise froissée de bonheur.
Le soleil me ferait les poches
Pour y glisser un peu de chaleur.
Plus de soucis, plus de réveil,
Juste des matins couleur safran
Et moi, sifflotant sous le soleil
Un air joyeux, presque en chantant.
Oh Zanzibar, doux mirage
Qui danse au bout de mon regard !
Même si je reste ici, sage…
J’aimerais tant aller à Zanzibar.
G.E – février 202

Guy E – février 2026
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Entre maintenant et demain
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Sur la place,
un banc,
un peu trop haut
pour des pieds
qui pendent.
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Sur le banc,
un enfant.
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Ses chaussures
ne touchent pas
le sol.
Elles balancent
le temps.
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Il regarde passer
les nuages
qui changent de forme
sans prévenir.
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Les moutons
deviennent des dragons,
les feuilles tombent
exprès
pour être attrapées.
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Mais l’enfant
rêve à demain.
Une idée arrive,
en courant,
les lacets défaits.
Elle trébuche.
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Il la reconnait,
lui fait de la place
entre maintenant
et demain.
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L’idée rit,
reste un peu,
puis s’envole
sans dire au revoir.
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L’enfant sourit.
Il sait déjà
qu’elle reviendra.
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Le banc reste,
l’enfant aussi.
Et le temps
s’oublie
un instant.
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GE Janvier 2026
Éclats et Murmures est un recueil né de contrastes : la fulgurance et le silence, la fracture et l’apaisement. Entre ces deux pôles se glissent des poèmes comme des confidences, parfois criées, parfois à peine chuchotées. Chaque texte capte un instant fragile — une émotion, une pensée, une faille — avant qu’il ne se dissolve.
Ces poèmes ne cherchent pas à expliquer, mais à faire ressentir. Ils avancent par fragments, par images, laissant au lecteur l’espace d’y déposer ses propres échos. Les éclats disent ce qui déborde, ce qui brûle ou se brise ; les murmures, eux, portent l’intime, l’invisible, ce qui se dit seulement à voix basse.
Ce recueil est une invitation à ralentir, à écouter entre les lignes, à accueillir la beauté dans l’imperfection. Éclats et Murmures se lit comme on traverse une nuit constellée : guidé par de brèves lumières, attentif au silence qui les entoure.


Ce poème est né de absence et du besoin de faire vivre ce qui demeure. Il est une trace laissée par un père, une mémoire qui persiste, et un amour que le temps n’a pas su effacer.

GE – décembre 25


Si le temps ne se laisse ni acheter ni retenir, il se laisse parfois apprivoiser. Chaque seconde est un cadeau plutôt qu’une perte
GE- Novembre 2025

À quoi sert de vieillir, bon sang,
Si c’est pour compter ses printemps,
Rapiéçant les bouts d’antan
Avec des « c’était mieux, avant » ?
Vieillir, c’est apprendre à se taire,
Souvenir d’un reflet dans l’eau,
Sourire d’un rien, d’un thé chaud,
À respirer les vents, la terre,
À quoi ça sert de tant savoir,
Si le cœur s’use à chaque ride ?
On devient sage, oui… mais lucide,
On ose plus, parfois moins tard.
Mais vieillir, c’est pas qu’un naufrage,
C’est un port qui sent la tendresse,
Où l’on dépose avec paresse
Morceaux d’âme et paysages.
Regarder les jeunes danser
Et s’dire, on a dansé plus fort,
C’est voir l’aurore, c’est rire encore,
Enfin vivre, sans se presser.
Et quand la fin fera sa belle,
En robe noire, au bras du temps,
On lui dira : « J’ai pris mon temps,
Mais j’ai vécu, ma demoiselle ! »
G. E. nov 2025
J’ai bu l’eau des mirages, au creux d’un vent doré,
Là où dansent les songes que nul ne peut cerner.
Une goutte de brume au parfum d’horizon
S’est posée sur mes lèvres, une douce illusion.
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J’ai tant aimé m’abreuver de l’eau des mirages,
Y lire le reflet d’un ailleurs, d’une image.
Recueillir sur la grève cette onde illusoire,
Tremper mes lèvres pour que naisse l’espoir.
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Des oasis féconds brillaient dans mes pensées,
Chaque reflet du sable était une marée,
Et le ciel, alangui sur les dunes sans âge,
M’offrait le souvenir d’un ancien voyage.
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Les pas que je traçais s’effaçaient aussitôt,
Comme un rêve trop pur qu’on garde sous la peau.
Mais cette eau que j’ai bue, fragile et passagère,
A laissé sur mon cœur des bulles de lumière.
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J’ai aimé y noyer ma soif de paysages,
Mais parfois, l’illusion tient lieu de rivage.
J’ai appris à boire l’air et ses horizons.
Ainsi la soif apprend à aimer sans raison.
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J’ai bu l’eau des mirages, elle m’a transformé.
Je marche désormais sans vraiment m’arrêter,
Cherchant dans chaque aurore, en chaque paysage,
L’écho de cette soif, l’éclat de ce mirage.
G.E – oct 25
Ce poème est une métaphore du cheminement intérieur, spirituel ou émotionnel. Il parle de la quête d’un ailleurs, du désir de beauté, de sens, d’amour ou de vérité — et de la prise de conscience que ces choses sont souvent des mirages.l’illusion est valorisée. Elle nourrit l’espoir, elle transforme, elle fait avancer et si l’on ne trouve jamais vraiment ce qu’on cherche, la quête elle-même est ce qui donne un sens à la marche.

J’ai déposé un mot
Comme un coup de pinceau.
Un parfum qui effleure
Et repart sur la pointe des heures.
Mes contradictions déboulent,
Émois légers, doutes lourds…
Une âme qui s’imagine
Quand le cœur s’illumine.
Je veux l’envol sans ailes,
La liberté peinte dans le ciel !
J’appelle la paix comme une prière,
Mais j’en oublie souvent la lumière.
Je célèbre chaque émotion vécue
Comme un trésor entrevu.
Puis, sans regret, je l’enterre
Sous une ombre salutaire.
Le silence m’habite
Comme une musique parasite :
Je voudrais parler,
Mais c’est l’essentiel que je tais.
Parfois j’énonce en rengaine,
Mes élans, de mes peines,
Comme pour les protéger
De la gravité qui veut les briser.
Je tisse mon errance
En fragments d’espérance.
Chaque phrase est un vase
Qui attend son bouquet avec audace.
Je suis ce souffle incertain,
Ni fort, ni étreint…
Une résistance en marche,
Un poète qui se cherche.
G.E – Août 2025
J
Dans un hameau chantait Sherlock,
Un fier coq roi de son paddock.
Il sonnait l’aube à chaque toc,
Et réveillait tous les vieux schnocks.
Très loin, nageait le doux Haddock,
Un phoque enjoué, roi du roc.
Il glissait vif, roulait sa loque
Sous l’eau gelée, parmi les blocs.
Lassé de son rustique bloc,
Sherlock rêvait d’un autre choc.
« Fini le chant, le ton baroque !
Je veux du vent, du sel qui choque ! »
Il quitta donc son vieux paddock,
Et prit le train vers un grand dock.
Là, tout à coup, surgit Haddock :
« Salut, beau coq, prince de froc !
Tu veux danser dans mon époque ?
Viens partager ma vie qui croque »
Le coq répondit : « Cher vieux phoque,
Ton monde est doux, ton ciel m’évoque …
Ici, nul bruit, nul cri qui bloque,
Pas même un glas, un seul vieux toc. »
Haddock rit fort, d’un rire loufoque
« Grimpe avec moi sur le grand foc !
Je te ferai voir ma bicoque,
Où l’air est pur, vif comme un roc. »
Mais sous le vent, frileux, Sherlock
Trembla, gela, fit un grand bloc.
« Ami, ton monde est fait de roc,
Trop froid pour moi et mes breloques ! »
Le phoque hocha, fit un p’tit troc,
Lui tendit pulls en laine en stock.
Depuis ce jour, sur l’eau qui croque,
Navigue un coq, ami d’un phoque.
Sherlock le coq, le fier Haddock,
Unis pour rire, dansant le rock.
GE-Juillet 2025

Le ciel n’est qu’un vieux pardessus
Posé sur l’épaule du monde.
Mais ce soir,
On le secoue un peu,
Et la lumière en tombera
Comme un secret.
Ce soir, le vent devient plus doux.
Il glisse au bord des toits jaloux.
L’étoile hésite, puis s’élance,
Effleurant l’ombre en transparence.
Le monde écoute, encore une fois,
Les pas du ciel qui ploie sans voix.
Les arbres lèvent leurs ramures,
Prêts à toucher la couverture.
On ne sait plus si c’est la pluie
Ou si le ciel pleure d’ennui.
Une clarté fine et discrète,
Descend des plis, douce et secrète.
Elle murmure entre deux souffles :
« Le noir du ciel parfois s’essouffle.
Quand l’ombre ouvre une déchirure,
Naît une étoile à sa mesure. »
Alors regarde, marche encore !
La nuit s’effrange aux bords de l’aurore.
Quelqu’un, là-haut, tire un revers
Et sème un feu dans l’univers.
GE juillet 2025