J’ai bu l’eau des mirages

J’ai bu l’eau des mirages, au creux d’un vent doré,

Là où dansent les songes que nul ne peut cerner.

Une goutte de brume au parfum d’horizon

S’est posée sur mes lèvres, une douce illusion.

J’ai tant aimé m’abreuver de l’eau des mirages,

Y lire le reflet d’un ailleurs, d’une image.

Recueillir sur la grève cette onde illusoire,

Tremper mes lèvres pour que naisse l’espoir.

Des oasis féconds brillaient dans mes pensées,

Chaque reflet du sable était une marée,

Et le ciel, alangui sur les dunes sans âge,

M’offrait le souvenir d’un ancien voyage.

Les pas que je traçais s’effaçaient aussitôt,

Comme un rêve trop pur qu’on garde sous la peau.

Mais cette eau que j’ai bue, fragile et passagère,

A laissé sur mon cœur des bulles de lumière.

J’ai aimé y noyer ma soif de paysages,

Mais parfois, l’illusion tient lieu de rivage.

J’ai appris à boire l’air et ses horizons. 

Ainsi la soif apprend à aimer sans raison.

J’ai bu l’eau des mirages, elle m’a transformé.

Je marche désormais sans vraiment m’arrêter,

Cherchant dans chaque aurore, en chaque paysage,

L’écho de cette soif, l’éclat de ce mirage.

G.E – oct 25

Ce poème est une métaphore du cheminement intérieur, spirituel ou émotionnel. Il parle de la quête d’un ailleurs, du désir de beauté, de sens, d’amour ou de vérité — et de la prise de conscience que ces choses sont souvent des mirages.l’illusion est valorisée. Elle nourrit l’espoir, elle transforme, elle fait avancer et si l’on ne trouve jamais vraiment ce qu’on cherche, la quête elle-même est ce qui donne un sens à la marche.

L’avenir s’envole!

Dans le ciel de ma vie, un oiseau s’est envolé.

Comme un rêve qui s’éloigne, une étoile s’est dérobée.

Je l’ai vue et même touchée, mais déjà s’échappe

Comme une promesse lointaine, une histoire qui s’efface.

L’avenir est un mystère, un voyage incertain,

Un souffle de vent, qui nous emporte soudain.

Je le cherche et le poursuis, mais toujours il s’enfuit,

Comme un mirage au loin, une illusion que je poursuis.

Alors je le laisse voguer, cet oiseau de demain,

Qui emporte mes espoirs, mes peurs et mes chagrins.

C’est dans son vol léger que se cache la clé

De mon destin tracé, de ma vie emmêlée.

L’avenir s’envole, comme un oiseau qui s’éloigne.

Mais dans son sillage, une nouvelle voie se dessine.

Alors je le suis, résigné, avec foi et courage,

Car demain est là, prêt à m’écrire une nouvelle page.

GE avril 2024