Dire sans rien dire…

Le soir est complice des ombres caressantes,

Deux âmes se frôlent, en une danse vibrante.

Les silences murmurent des mots doux et lourds,

Où les corps promettent, et tissent des détours.

.

L’onde se fait désir, frémissante elle s’étend,

Ses vagues caressent des rivages brûlants,

Des mains hésitantes, se cherchent et se lancent.

La passion dessine quand la raison dispense.

.

La lumière adoucie, complice de l’instant,

Étreint le silence en un chemin troublant.

Chacun se perd en l’autre, ivre d’un souffle profond,

Jusqu’à ce que les mondes s’effacent à l’horizon.

.

Le temps suspend son vol, à l’orée du désir,

Où le souffle se mêle à la brise et chavire.

Dans cet instant volé aux heures trop pressées,

Les âmes se consument, sans jamais se brûler.

.

Tout tend vers l’union, tout devient fusion,

Dans l’ombre douce d’une tendre illusion.

Vertige du désir d’un éclair partagé,

Naît l’extase secret, instant d’éternité.

G.E – février 2025

Que tu te souviennes…

pink and blue sky at sunset

Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

Comme l’étoile brille avant la nuit, 

Déjà ton nom s’inscrivait dans ma vie. 

Dessinant sur le sable notre préface,

Je marchais avec toi en suivant ta trace.

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

.

Mes yeux t’ont cherchée au fil des ans. 

Enivré par les effluves des champs   

Et sans que les pétales ne m’effleurent, 

Je sentais déjà le parfum des fleurs.

.

Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

.

Bien avant que le feu ne s’allume, 

Épris, avant que le monde t’assume. 

Ta voix résonnait d’un écho lointain. 

Déjà, je te suivais sur mon chemin. 

.

Oh !  Je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

.

Je te rencontrais sans même te voir, 

Tu habitais mes rêves, chaque soir. 

Il fallait que tu en sois ma raison. 

Tu lisais mes poèmes d’Aragon. 

.

Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

.

Le destin a croisé nos chemins.

En tes yeux, j’ai reconnu mes refrains.

Mais déjà, mon cœur avait deviné

Que tu étais là, pour l’éternité.

.

Oh ! Je voudrais tant que tu te souviennes, 

Je t’ai aimée avant que tu ne viennes. 

La jeune pousse et le vieux chêne

Au fond d’une forêt où dansent les phalènes,

Vivait un vieux chêne, l’ancêtre du domaine.

Ses branches noueuses, des bras pleins de sagesse,

Racontaient son histoire empreinte de tendresse.

.

Une pousse à ses pieds, jeune, avide du ciel,

Rêvait d’un avenir, d’un monde sans pareil.

« Pourquoi, grand ancêtre, es-tu encore  là-haut

Alors que d’autres vents me convient à propos ? »

.

Le chêne répondit avec soin, bienveillant :

« Je suis tes racines, un lien avec ton temps.

A travers mes branches, chaque brise qui passe

Est écho du passé, pour une douce grâce. »

.

« Mais moi, je voudrais tant monter vers les étoiles,

Écrire mon histoire, déployer mes voiles !

Pourquoi rester ici, dans l’ombre de ton trône,

Quand l’horizon m’appelle, et le futur ordonne ? »

.

« Jeune pousse, écoute ! Notre temps est un cercle,

Passé et avenir, en harmonie se mêlent.

Mes vieilles racines permettent de grandir,

Les tempêtes passées t’aident à ne pas faiblir. »

.

Alors, le jeune plan, touché par l’énoncé,

Comprit que l’avenir se nourrit du passé,

D’hier et d’aujourd’hui, des histoires tissées,

Dans le livre de vie à jamais enlacées.

.

Et ainsi, sous le ciel, dessous les frondaisons,

L’Ancêtre et le Futur vivaient en fusion.

Unis par des liens de la trame du temps,

Ensemble, ils bâtissaient un tandem exaltant.

.

Le passé nous guide, le futur est espoir.

Ensemble, ils dessinent un chemin : notre histoire.

GE – février 2025