Prisonnier du temps.

Prisonnier du temps.

.

De passage en ce monde, 

Mon esprit vagabonde.

Je suis un rebelle !

.

Le temps est ma prison

Qui n’admet aucune trahison.

Je suis un rebelle !

.

Vigile de mon existence,

Il est le gardien de mon essence.

Je suis un rebelle !

Jamais le temps ne passe.

Je m’échappe avec audace.

Je suis un rebelle !

.

Il me rattrape et me replace,

M’enferme dans sa carapace.

Je suis un rebelle!

.

Alors, je m’échoue sur une plage 

Pour regarder l’ombre des nuages .

J »étais un rebelle!

.

Et me dis alors : la vie est belle !

A quoi bon être rebelle ! 

.

Guy E- août 2021

Une goutte d’eau

Une goutte d’eau

Es-tu une goutte d’eau ou perle de rosée ?

A l’aube, au cœur d’une rose tu t’es posée.

Éclat de lumière, trésor tombé du ciel,

Reflet tremblant d’un cycle providentiel.

.

Tu vois les mers chaudes au-delà des nuages,

Sans jamais te perdre pendant tes longs voyages.

À la lueur du levant portée par ce zéphyr,

Tu nous reviens, chargée de riches souvenirs.

.

D’un miroir diamant, je devine le monde.

Un papillon posé sur la corolle féconde :

De sa longue trompe, longuement il s’abreuve,

Ne laissant plus que cette larme comme preuve.

.

Les ailes s’envolent, étincelles colorées,

Emmenant une goutte d’eau dans les nuées,

Pour un nouveau destin, ou un vagabondage,

Vers une autre contrée pour d’autres messages.

.

Guy E – juillet 2021

Inspiration

Inspiration

Quand du simple et pesant silence 

Qui n’autorise plus l’espérance, 

Les mots se vaporisent.

Ce vide me terrorise.

Plus la raison s’arrange, 

Plus la mémoire se dérange,

Qui se brouille et s’assèche.

En vain, la muse prêche,

La plume devient lourde.

Calliope devient sourde.

Alors les mots se cachent,

De mon expression point de panache.

Mon regard divague, l’esprit se perd.

Devant la page, je tempère.

Je tente une recherche de rimes,

Mais là encore, rien ne s’exprime.

Je suis à la recherche d’un sens

Et n’en trouve aucune réjouissance. 

Je n’ai donc point de souffrance, 

Point d’amertume, que des absences.

Guy E – juillet 2021

L’éternité est bien trop longue !

L’éternité est bien trop longue !

.

J’aimerais tant briser le miroir de l’éternité :

Celui qui renvoie l’image de ma pensée,

Avant de s’égarer dans le labyrinthe 

Des vaines espérances et de quelques craintes.

.

Mensonge de la vie, illusion contrainte,

Que l’Éternel pardonne ce manque d’étreinte.

Sans trouble, je m’écrie contre ces cieux ingrats

Qui défient cette vie, en ouvrant grand leurs bras.

.

Sentinelle de l’esprit, mon âme s’indigne,

Envisageant l’ennui de ce temps rectiligne.

Faut-il faire semblant et rêver à demain,

En se quittant pour ce voyage sans témoin ?

.

Un jour, je partirai où le corps ne peut aller.

J’irai à ma rencontre sous un ciel voilé.

Et tout s’effacera dans un suprême oubli,

Pour une éternité d’une vie aboutie.

.

Guy E – juillet 2021

Les dés de la vie

Les dés de la vie

Je ne suis que le fruit singulier du hasard 

Qu’un courant d’air joueur, farceur et sans égard

A décroché de l’arbre ce matin d’été, 

En lui insufflant cette étrange vitalité.

.

A l’aube de mes jours, j’ai habité un corps.

Comment l’ai-je trouvé ? Je l’avoue, je l’ignore.

La loterie du jour ou un lancer de dés ?

En ce vaste monde, aurais-je été demandé ?

.

Étrange métamorphose, jour après jour

J’apprends la vie : celle que l’on pense pour toujours ;

Une réelle histoire, dans un décor qui s’enfuit.

Il n’y a pas de lendemain sans espoir fortuit.

.

L’aube ne vient pas deux fois, il faut s’en souvenir..

Pourtant, chaque année voit les coteaux refleurir,

Chaque saison connait ses joies et ses tristesses.

Mais il n’y a qu’Amour que la brise caresse.

.

Guy E – juillet 2021

Un oiseau chante

Un oiseau chante,

.

Attrape son chant, il s’échappe dans les airs.

Place-le dans ta poche, il n’est pas ordinaire.

Ce chant de liberté, le refrain de la vie.

Ce sont quelques notes que le ciel te confie.

.

Écoute encore ce chant : il colore ton ciel,

Il fait battre les cœurs d’un seul battement d’aile ;

C’est une offrande, précieuse à ton oreille,

Une sérénade qui le matin t’éveille.

.

Chante mon bel oiseau, à rompre ce silence !

Soit la voix de l’amour et de la confiance,

Tes couplets mélodieux ravissent l’esprit

Et exaltent les âmes sans besoin d’écrit.

.

Cet hymne céleste est porteur de la sagesse.

Il éclaire les hommes sans autre noblesse.

Lors de ces temps ingrats, puissent tes jolies strophes

Éviter sur terre toutes les catastrophes.

.

Guy E – juillet 2021

la sève de la vie 

la sève de la vie 

.

Quand au petit matin de ce jour de printemps,

Je regarde les fûts de ces êtres vétérans

Qui me disent leur vie, témoins de notre histoire,

Des faits et des gestes, trace de la mémoire.

.

Ces arbres impérieux réveillent en moi

Quelques souvenirs, les jalons de mon émoi.

Attentif à leur son, j’écoute leur silence,

Respirant les senteurs qui vers le ciel s’élancent.

De leur forêt natale, ils sont âme et raison.

Ils abritent la vie au rythme des saisons.

Dans leur cœur de bois, j’entends la sève chanter

Un hymne à la joie, un rêve d’éternité.

.

J’envie de ces arbres la force de leurs années.

Bravant le temps qui passe, ils dévoilent leur beauté.

De leur âge, ils n’ont pas eu ces pâles faiblesses

Que chaque homme vit en délaissant sa jeunesse.

.

Guy E-Juillet 2021

.Guy E-

.

Ma montagne

Ma montagne

.

À ma porte, trois sommets aux dents acérées,

C’est une ligne brisée sur fond azuré.

Ici, point de marée pour nous faire voyager,

Un regard suffit et nous laisse imaginer…

.

Des nuages cotonneux languissent sur les sommets,

Couronne royale sur des têtes escarpées ;

Ce sont des vaisseaux blancs et sans voiles

Qui nous emmènent indolents vers les étoiles.

.

Nous avons une montagne comme horizon,

Des vagues de sapins sur une mer émeraude

Parfois saupoudrée par une écume neigeuse.

.

Sur les cimes, ballons ou pics, le chant du torrent 

Remplace avantageusement le fracas des brisants.

Le vent soupire entre les vallées bienheureuses.

.

Guy E – juin 2021

Un chemin, une vie

Un chemin, une vie

Je m’en vais vers demain, mais ne peux m’arrêter..

Sous mes pas, la vie chante et me regarde passer.

.

Le chemin, pas si long, m’est devenu trop court.

Alors pourquoi se perdre à chercher son parcours ?

Je ne me souviens pas avoir pris ce sentier,

Souvenir trop lointain- était-il balisé ?

.

D’une marche peu hésitante, sans conducteur,

J’ai gravi sans peine mes sommets de bonheur,

J’ai chanté mon chemin comme tout voyageur.

Entre deux passages, j’ai dû ouvrir mon cœur.

.

D’un regard optimiste, sagesse de l’esprit,

J’ai pris la liberté à laquelle j’ai souscrit.

Après de rares maux que j’ai subi à tort,

Quelques courtes pauses ont rassuré mon corps.

.

Je laisse ces traces, celles de mon parcours   

Pas encore sinueux, qui en ces beaux jours, 

Dévoile une vie qui me donne des envies  

Et fait jouer les mots dans quelques poésies.

.

Guy E – mai 2021

Adieu jeunesse

Adieu jeunesse

Il n’y aura jamais de seconde jeunesse ;

La terre tourne et en efface l’allégresse.

Les années s’écoulent et creusent nos sillons

Avec si peu d’égards pour nos émotions.

.

Oh, j’aurais tant voulu détourner mon regard

Vers les cieux d’autrefois, que les années séparent !

Vivre sans crainte de devoir me souvenir ;

De l’avenir, ouvrir les portes sans repentir.

.

Mon esprit apaisé a brulé son ivresse

Et s’emmène lentement hors de ses liesses.

Décidé à trouver des graines à semer,

Je fleuris ton jardin pour plaisir de t’aimer.

.

Ta main dans la mienne, nous écoutons le ciel

Chanter notre jeunesse que nos cœurs recèlent.

Nous devons détourner la rivière du temps

Pour voguer aux quatre vents sur notre océan ! 

.

Guy E – mai 2021

La nuit

La nuit

Le jour se penche sur le puits des ténèbres ;

La lumière se perd dans un songe funèbre

Peuplé d’ombres silencieuses, de génies

Qui frissonnent au souffle d’âmes endormies.

.

Le ciel d’or et de cuivre se drape de noir,  

Accueille les sombres desseins du purgatoire

Qui précède la venue d’esprits égarés, 

Errant dans les reflets de modestes clartés.

.

L’obscurité profonde est maintenant extrême ;

Cachant au monde son lumineux diadème,

Phèbé se perd dans un labyrinthe d’étoiles.

L’astre de la nuit se dérobe sous un voile.

.

Les hommes sombrent dans un rêve salutaire,

Chaque maison gardée par un chien solitaire

Qui retient au loin les créatures nocturnes,

Laissant dans l’ombre leur présence inopportune.

.

C’est l’heure où la terre tourne sans contentieux,

Reflète sans discorde dans l’ombre des cieux

Le mystère de la vie qui murmure aux témoins

Le destin de l’humanité et son chemin.

Guy E -mai 2021

Joli mois de mai

Joli mois de mai

Je dis adieu à cet inconstant mois d’avril

Qui aujourd’hui, ne s’accroche plus qu’à un fil.

J’ai vu en matinée, les premières clochettes

Qui carillonnent mai de toutes leurs paillettes.

.

Le merle baigne et lisse ses plumes légères,

Pénétré par cette douce pluie de lumière.

Dans un essaim d’espoir, s’envolant sans frontière,

L’abeille abandonne la ruche nourricière.

Est-ce pour se moquer de la dernière neige

Que le verger, si heureux, lance en avalanche

Sur les gazons fleuris, mille corolles blanches ?

Les bourgeons impudiques éclatent leur gaine

Le potager fertile sourit sans retenue,

Dévoile au jardinier ses très jeunes laitues.

.

Guy E – mai 2021

Heureux à deux

Heureux à deux

.

Ce poème est pour toi qui partage ma vie.

Ces quelques mots d’amour pour cette fantaisie,

Le piment d’un bonheur qui imprègne mes sens,

Que tu as partagé sans autre redevance.

.

De vies éphémères, à l’ombre des passions,

Un chemin dévoile l’avenir de notre union.

Tu es la poésie que je lis dans tes yeux,

Les notes qui composent ce chant mélodieux.

.

Ainsi, ta présence enchante mes journées,

Apaise les doutes d’un esprit exalté, 

De mon cœur qui ne bat qu’au rythme de ta voix.

.

Ton amour conjugue le passé au futur,

Et accorde ma vie sans aucune écorchure.

Invraisemblable, c’est le bonheur loin de toi !

.

Guy E – avril 2021

Le goéland

Le goéland,

Dans le ciel azuré vogue le voilier blanc.

Il glisse sans bruit au-dessus de l’océan.

Ses ailes déployées, il plane sans effort.

Dessinant, sous les pâles nuages qu’il honore,

Ces amples arabesques savamment tracées

Du bout de ses ailes : c’est une écriture chiffrée,

Défi à la gravité, qui livre les secrets 

Des vents marins et de leurs courants éthérés.

.

Immobile dans l’air, il se pose sans battement,

Digne et fier, regarde sur la plage ses habitants :

Prisonniers du sol, ils n’ont pas d’ailes pour voler ;

Puis tend ses bras argentés, par les airs porté,

Regarde d’en haut, se moquant d’un cri railleur.

Il se baigne dans les nuées, libre voltigeur.

Joue avec le soleil, tantôt gris parfois blanc.

Emporté par la brise, où vas-tu goéland ?

.

Guy E – avril 2021

Mon ombre

Mon ombre

.

A l’aurore, mon ombre a gagné ses couleurs : 

Hier encore, elle était effacée, sans lueur.

Mystère de la vie, elle marchait derrière,

Et pourtant, elle et moi, vibrons à la lumière.

.

Elle suivait mes pas, loyale imitatrice.

Répétant mes gestes, talentueuse actrice,

Elle allait où j’allais : c’est donc son seul destin,

Un bâton de pèlerin sur chaque chemin.

.

À l’aube, le soleil me réchauffait le dos :

Elle m’a dépassé, étrange silhouette.

Ne serai-je qu’une docile marionnette ?

.

Attitude insolente, une atteinte à mon égo.

Sans se retourner, elle s’est illuminée.

A travers elle, un arc en ciel s’est révélé.

.

Guy E -avril 2021