L’aube d’un rêve

L’aube d’un rêve

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Il est trop tôt pour que l’aube se lève.

Le sommeil recouvre la vie et ses rêves.

Mystère de la nuit, il n’y a que des songes

Pour lever le désir, point de mensonges.

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Au seuil de ce jour, le bonheur s’éveille, 

Illumine tes yeux à l’ombre du soleil.

Un geste réchauffe mon cœur, une ritournelle, 

Douceur d’un sourire, richesse du rituel.

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Éveille-toi mon ange et faisons un roman.

Souviens-toi de ce jour, celui de ton serment ;

Une page s’ouvre, il nous faut l’écrire.

Laisse ce beau soleil éclairer ton sourire.

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La lumière nous guide vers de nouveaux rivages.

Nos rêves ne sont pas un mythe ou un mirage.

Une évasion à deux, n’est-ce pas audacieux ?

Rendors-toi ma mie, ce jour est merveilleux.

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Guy E – mai 2021

Rossignol

Rossignol

Sur la plaine perlée de fleurs et d’alouettes,

Écoute ce chant qui vole au-dessus des buissons,

Qui berce nos jours et nos nuits à l’unisson.

Jamais un rossignol ne fut l’interprète

D’un récit de voyages en ce coin de France,

Sur cette terre stérile parsemée de cailloux

De cette plaine de Crau délaissée par la Durance ;

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Jamais je n’entendis un couplet aussi doux

que lors de ce printemps au bord de ce fourré :

Une mélodie sans fin, subtil chant occitan

Qu’un musicien fugace lançait de ce bosquet.

Abreuvant mes rêves aux accords apaisants,

La nature ouvrait ses senteurs de thym et de genêt,

Extase de parfums sur mon cœur engourdi,

Ivresse des sens dans mon âme endormie,

Tu réveilles l’amour et écris mes sonnets.

Guy E – mai 2021

La cascade de ma vie

La cascade de ma vie

Une cascade de mots tombe en cadence,

L’histoire de ma vie et de ses carences. 

Profitant de la pluie, quelques vers se souviennent 

De ses escapades, celles qui me reviennent.

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Lettres et mots s’écoulent sans la notion du temps ;

Trop sauvages ou bruyants, je les ramène à néant .

Mes pensées réveillent des illusions, des deuils,

Des batailles perdues et bien trop d’écueils.

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Au soir venu, j’écris ce que j’ai fait de mieux :

Oublié le mal pour ne voir que le joyeux.

Mon cœur épanouit renouvelle ses vertus.

Des blessures du passé, rien ne se perpétue. 

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J’aspire avidement à jouir du temps présent,

Des âmes joyeuses qui brillent dans mes yeux.

Je pense donc j’écris, et j’éprouve mon âge

 En continuant à faire vivre mon personnage.

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Guy E- mai 2021

Un chemin, une vie

Un chemin, une vie

Je m’en vais vers demain, mais ne peux m’arrêter..

Sous mes pas, la vie chante et me regarde passer.

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Le chemin, pas si long, m’est devenu trop court.

Alors pourquoi se perdre à chercher son parcours ?

Je ne me souviens pas avoir pris ce sentier,

Souvenir trop lointain- était-il balisé ?

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D’une marche peu hésitante, sans conducteur,

J’ai gravi sans peine mes sommets de bonheur,

J’ai chanté mon chemin comme tout voyageur.

Entre deux passages, j’ai dû ouvrir mon cœur.

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D’un regard optimiste, sagesse de l’esprit,

J’ai pris la liberté à laquelle j’ai souscrit.

Après de rares maux que j’ai subi à tort,

Quelques courtes pauses ont rassuré mon corps.

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Je laisse ces traces, celles de mon parcours   

Pas encore sinueux, qui en ces beaux jours, 

Dévoile une vie qui me donne des envies  

Et fait jouer les mots dans quelques poésies.

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Guy E – mai 2021

Effet miroir

Effet miroir

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Je regarde ce miroir et ne vois que le soir

Qui ne me laisse du jour que ses accessoires.

Se souviendra-t-il de moi et de ces visages

Qui composent ma vie et bien d’avantage ?

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Quel est cet homme sur ce mur qui me dévisage ?

Il est peut-être le sage et moi le sauvage

Qui fuit son temps et son éphémère image,

Innocente complice à travers les âges.

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Je ne vois qu’un imposteur qui m’efface

En voulant simplement s’imposer à ma place.

Il est grand temps pour moi de briser la glace

Dans l’espoir de ne point perdre la face.

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Aussi devrais-je peut être en briser le verre 

Pour voir enfin du cours de ma vie son envers.

Toutes ces années à fabriquer des souvenirs

Qui un jour s’effaceront dans un soupir.

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La vie n’est seulement qu’un mirage

Qui dans les cieux ne reflète que les nuages,

Comme ce miroir recouvert de buée

Pour mieux masquer notre destinée.

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Guy E – mai 2021

Adieu jeunesse

Adieu jeunesse

Il n’y aura jamais de seconde jeunesse ;

La terre tourne et en efface l’allégresse.

Les années s’écoulent et creusent nos sillons

Avec si peu d’égards pour nos émotions.

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Oh, j’aurais tant voulu détourner mon regard

Vers les cieux d’autrefois, que les années séparent !

Vivre sans crainte de devoir me souvenir ;

De l’avenir, ouvrir les portes sans repentir.

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Mon esprit apaisé a brulé son ivresse

Et s’emmène lentement hors de ses liesses.

Décidé à trouver des graines à semer,

Je fleuris ton jardin pour plaisir de t’aimer.

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Ta main dans la mienne, nous écoutons le ciel

Chanter notre jeunesse que nos cœurs recèlent.

Nous devons détourner la rivière du temps

Pour voguer aux quatre vents sur notre océan ! 

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Guy E – mai 2021

Croches et pointes

Croches et pointes.

Quand cette frêle silhouette élastique

Rythme, en sauts de chat et jetées fantastiques,

Les accords d’une gracieuse symphonie

D’un corps juvénile qui danse en harmonie.

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Quand d’un violon qui pleure entre deux silences,

Une complainte qui résonne avec cadence,

Les notes s’envolent dans le puits de mon âme,

Et dansent un instant au timbre de ses gammes.

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Sur scène, où la lumière illumine son cœur, 

Je vois fuser les mélopées du bonheur

D’une danseuse, prête à prendre son essor.

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De l’âme de l’alto à celle du cygne,

Il lui suffisait de tracer la droite ligne.

Deux chaussons de satin ont été son ressort.

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Guy E – mai 2021

La nuit

La nuit

Le jour se penche sur le puits des ténèbres ;

La lumière se perd dans un songe funèbre

Peuplé d’ombres silencieuses, de génies

Qui frissonnent au souffle d’âmes endormies.

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Le ciel d’or et de cuivre se drape de noir,  

Accueille les sombres desseins du purgatoire

Qui précède la venue d’esprits égarés, 

Errant dans les reflets de modestes clartés.

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L’obscurité profonde est maintenant extrême ;

Cachant au monde son lumineux diadème,

Phèbé se perd dans un labyrinthe d’étoiles.

L’astre de la nuit se dérobe sous un voile.

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Les hommes sombrent dans un rêve salutaire,

Chaque maison gardée par un chien solitaire

Qui retient au loin les créatures nocturnes,

Laissant dans l’ombre leur présence inopportune.

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C’est l’heure où la terre tourne sans contentieux,

Reflète sans discorde dans l’ombre des cieux

Le mystère de la vie qui murmure aux témoins

Le destin de l’humanité et son chemin.

Guy E -mai 2021

Joli mois de mai

Joli mois de mai

Je dis adieu à cet inconstant mois d’avril

Qui aujourd’hui, ne s’accroche plus qu’à un fil.

J’ai vu en matinée, les premières clochettes

Qui carillonnent mai de toutes leurs paillettes.

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Le merle baigne et lisse ses plumes légères,

Pénétré par cette douce pluie de lumière.

Dans un essaim d’espoir, s’envolant sans frontière,

L’abeille abandonne la ruche nourricière.

Est-ce pour se moquer de la dernière neige

Que le verger, si heureux, lance en avalanche

Sur les gazons fleuris, mille corolles blanches ?

Les bourgeons impudiques éclatent leur gaine

Le potager fertile sourit sans retenue,

Dévoile au jardinier ses très jeunes laitues.

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Guy E – mai 2021