Givré d’amour

Givré d’amour,

Ce froid matin d’hiver a délaissé son voile,

Transparence cristal semée de tant d’étoiles.

Perles translucides que le givre abandonne

Lorsqu’au soleil levant, la lumière rayonne.

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Hier encor dénudés, les bras du cerisier,

Chargés de ces bourgeons aux cent-mille reflets,

Colorent le vallon en un jardin de fleurs ;

Un monde féérique où le froid est Seigneur.

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Voyant en ce bouquet un éden enchanté,

J’en ai alors chipé quelques strass irisés,

Reflets de ma passion, en fis don à ma Mie

En même temps que cette douce poésie.

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Qu’il était beau ce bouquet fleurs de diamant,

Rosée virginale capturée dans l’air glaçant

Que son cœur brûlant, divine alchimie des temps,

Fit fondre d’un regard en un si court instant.

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Il en est ainsi de ces présents éphémères 

Qui s’évanouissent et fondent dans les airs.

D’une trace humide, en cette flaque d’eau,

Mon amour se rappelle et c’est là mon cadeau.

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Guy E – Décembre 2021

Premiers jours d’hiver

Premiers jours d’hiver

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Un matin blanc se lève sur les prairies poudrées.

La lune pâle a maquillé dans la cour le chêne dénudé,

Couronne d’étincelles d’or et d’argent ;

Dans sa ramure blanchie, un corbeau bruyamment

croasse au-dessus du hameau encore sommeillant.

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Cri d’effroi de l’hiver, qui dans son premier regard,

Fige l’eau de la fontaine et glace la mare.

Alors que le froid tisse un linceul nimbé sur le verger,

Dans l’âtre, les flammes colorées se sont réveillées.

Les pétales d’une rose ourlée ponctuent l’allée.

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Déjà, l’orient s’illumine à la lumière du disque solaire

Accrochant mille strass aux abords de la clairière.

Lueur éphémère, halo féerique à la gloire de Hora.

Au fond des bois, la chouette scande ses hourras.

Paradis d’un jour ou Éden fugace,

Une lumière blafarde sculpte ce palais de glace.

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Animée par un léger souffle, une brume coquine,

Voile diaphane poussée par Éole, dessine

Une biche goûtant les dernières broussailles

Qui toujours aux aguets tressaille

Tandis que dans la haie arbustive,

Un merle affamé dispute à la grive

Les quelques dernières baies rouges du houx

Sous l’œil attentif et curieux d’un écureuil roux.

Une sitelle tambourine avec force

Une faine ancrée dans l’écorce.

Frileusement, les volets des chaumières languissantes

S’ouvrent sur des croisées de feuilles d’acanthe.

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La nature s’éveille, le monde s’émerveille.

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 Guy E -janvier 2021