SYRACUSE

Syracuse

J’ai tant rêvé de t’aimer à Syracuse !
Sous un ciel d’ambre où les nuages s’amusent, 

On aurait marché pieds nus sur les pierres dorées,
En laissant nos silences écrire nos années. 

On aurait bu le vent à pleines lèvres,
Goût de sel doux et de promesses fièvres,
Les barques lentes bercées par l’azur,
Comme des songes attachés à l’aventure.

J’ai tant rêvé de tes mains sur ma peau,
Comme un accord doux joué sur un piano
Et dans tes yeux, un horizon sans fin,
Où même le temps aurait perdu son chemin. 

Les citronniers auraient courbé leurs branches,
Pour nous offrir leurs parfums en avalanche
Et nos deux ombres, enlacées au couchant,
Auraient appris à se taire en s’aimant.

Oh ! dis-moi que ce rêve n’est pas qu’un mirage,
Qu’il reste un port quelque part pour nos voyages,
Et si Syracuse n’est qu’un mot dans le vent,
Je t’aimerai ailleurs… mais tout autant.