
Dans un parc aux parfums de sève et d’or,
Vivait un Paon si fier de son décor.
Roi du palais, il dansait chaque jour.
Son voile de plume, captait les amours.
Son cri résonnait comme une fanfare,
Son allure attirait mille regards.
Las d’éblouir la volière endormie,
Il rêvait de foules, gloires infinies.
Un matin, près du chêne brillant,
Il vit un écran, sombre et fascinant.
« C’est un réseau », dit un Singe savant,
« Où s’expose sa vie en un instant. »
Le Paon, charmé par la toile de verre,
Y mit son image, éclat éphémère.
Il filma ses pas, ses festins, ses lois,
Peintre de lui-même, en quête de voix.
Traquant les cœurs comme on guette la pluie,
Son âme assoiffée de l’éclat qui suit.
Chaque « like », une perle au collier du vide,
Mais son chant devenait froid et livide.
À force de filtres, d’angles et de poses,
Il oublia le goût des simples choses.
Ses amis, jadis charmés, s’éloignaient
Devant ce masque aux reflets étrangers.
Le Caméléon, aux mille nuances,
Vivait en silence, loin des apparences.
Il changeait de peau et d’imitation,
Mais gardait au cœur la même passion.
Il dit : « Bel ami, ton miroir doré
T’a volé ta voix, ton feu, ta vérité.
Tu poursuis l’ombre et délaisses la clarté,
Le monde t’applaudit, sans te regarder. »
Le Paon voulut répondre, mais trop tard-
Il n’avait plus sa vie, qu’un avatar
Pris dans la toile aux reflets mensongers.
Il errait seul, pixel désenchanté.
À trop chercher les regards du miroir,
On devient l’écho d’un vide illusoire.
Mieux vaut un silence, une main sincère,
Qu’un tonnerre de gloire qui jamais ne t’éclaire.
GE septembre 2025
Bien vu ! Ce serait à diffuser largement sur la toile(ben oui !) afin que chacun prenne conscience. Qui connaît encore à ce jour Jean de la Fontaine qui mettait en garde ses concitoyens ! Biz. Ma et Do.
J’adore, amusant à lire et en même temps triste réalité des réseaux
Françoise
Alors, je mets tout de même un « like » en espérant que le poète ne se perde pas dans la toile!