La fuite du temps

La fuite du temps

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Je vole dans le temps, mon âme tourbillonne.

Le vent taquin souffle et chante la vie.

Passent les années ; les saisons carillonnent.

Les fruits mûrissent et se goûtent avec envie.

D’où vient cette ombre qui suit mes pas ?

Souvenirs périmés d’une vie accomplie,

Sur cet horizon, je ne me retourne pas.

Il n’est point de retour sans mélancolie.

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Les jours se pressent et les ombres restent.

Laissons le temps passer sans compter les lendemains,

Il nous devancera, dans sa course funeste,

Et peut- être se trompera-t-il de chemin.

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Sonne l’heure, il n’est jamais trop tard

Pour vivre et s’aimer. Le temps s’enfuit,

Laissons-le courir et jetons les amarres.

Le soleil se couche, mais il ne fait pas nuit.

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Guy E-Juin 2021

Bonjour jeunesse

Bonjour jeunesse

Il n’y aura jamais de seconde jeunesse ;

La terre tourne et en efface l’allégresse.

Les années s’écoulent et creusent nos sillons

Avec si peu d’égards pour nos émotions.

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Oh, j’aurais tant voulu détourner mon regard

Vers les cieux d’autrefois, que les années séparent !

Vivre sans crainte de devoir me souvenir ;

De l’avenir, ouvrir les portes sans repentir.

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Mon esprit apaisé a brulé son ivresse

Et s’emmène lentement hors de ses liesses.

Décidé à trouver des graines à semer,

Je fleuris ton jardin pour plaisir de t’aimer.

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Ta main dans la mienne, nous écoutons le ciel

Chanter notre jeunesse que nos cœurs recèlent.

Nous devons détourner la rivière du temps

Pour voguer aux quatre vents sur notre océan ! 

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Guy E – mai 2021

Les belles années

Les belles années

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Par cette enfance qui nous rendait immortels

Et nous projetait au-delà de nos pensées,

L’imagination traversait les années.

Que de désirs inconnus lançaient leur appel !

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Les esprits s’ouvraient comme de jeunes corolles,

Les corps n’en maîtrisaient pas tout leur devenir.

De la nature, nous devinions les plaisirs

Et le temps n’avait de valeur que le symbole.

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Promesse de ses fruits, nous apprenions Ronsard 

Qui nous laissait entrevoir la fuite du temps.

Nous partions voyager sur la carte du tendre.

Dans ses pays, il n’y avait point de hasard.

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Tels ces jeunes faons qui s’enivrent au printemps,

L’ivresse de la vie s’offrait sans retenue.

Sensualité et beauté se sont fondues

Pour respirer l’effluve de nos sentiments.

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Cet automne au verger a fait mûrir les fruits

Que le gourmand et sage chevreuil vient croquer.

Le printemps s’en est allé. À quoi bon prier ?

Il nous faut aujourd’hui jouir de l’usufruit.

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Sagesse ou déraison, il nous faut reconnaître

Des nouveaux rivages, les courants plus paisibles.

Mais tels les vers que je déclame, ils sont sensibles

A l’allégresse que j’aspire à voir renaître..

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Guy EDUS – avril 2021

Mon amie, mon amour

Mon amie, mon amour

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Mon amie, mon amour, vendange le moment !

La tourterelle est là, déjà elle t’appelle.

Les oiseaux devancent tes pas à tire d’ailes.

Parcours les allées, le bonheur t’attend.

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La vigne se colore : vendange cet instant !

Chaque grappe t’appelle, il te faut la goûter.

Dépêche-toi m’amie, il n’est plus temps de rêver.

Les passereaux te parlent, ton cœur est éclatant.

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Le soleil sucre le grain : vendange tes années !

Tu en as le temps. Tu peux les attraper,

Vis en chaque journée, cueilles-en chaque grain.

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Le raisin a muri : vendange ton bonheur !

Ton millésime est certes, une douce liqueur,

Dont nous devons nous enivrer chaque matin.

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Guy EDUS – mars 2021