Désenchantement

Désenchantement

La nature chante comme chante la vie.

La musique étire ses gammes à l’envie.

Le jour se lève, c’est le lever de rideau

Sur le théâtre, sa scène et quelques tréteaux.

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Merveilles du monde qui ne sont pas que sept,

Qui n’émerveillent plus ni homme ni prophète. 

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Pourtant, la nuit soupire, en un souffle se trouble

En découvrant ce que l’homme défait le jour.

Les animaux ne sont pas faits pour vivre en cage.

Certains s’éteignent, ne restent que des images.

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Merveilles du monde qui ne sont pas que sept,

Qui n’émerveillent plus ni hommes ni prophètes. 

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Notre avenir n’est qu’une insatiable quête

De prendre sans rien laisser ?  Que des étiquettes…

Ne pas s’étonner que l’eau devienne poison 

Que la terre soit stérile en toute saison.

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Merveilles du monde qui ne sont pas que sept,

Qui n’émerveillent plus ni homme ni prophète. 

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Guy E – juin 2021

Dans l’univers

Dans l’univers

Une galaxie tourne dans l’espace sidéral,  

Symphonie de lumière qui poudroie en spirale.

Mille et une étoiles naissent dans la nuit

Et voyagent dans une Girandole inouïe.

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Tout autour d’un soleil, huit planètes font la ronde.

Miracle de la vie, une seule est féconde.

Sur le fil de son ellipse, parfaite équilibriste,

Dans sa tournée infinie, elle joue à l’artiste.

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Devant l’astre solaire, la Terre est une toupie.

Elle tourne jour et nuit à en avoir le tournis.

Au rythme des saisons, elle roule en mesure.

Un tour en vingt-quatre heures, c’est sa signature.

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De ces plus hauts sommets aux océans profonds,

Une vie ardente se développe à profusion.

Une brillante espèce sème alors la confusion.

Sur la Terre, l’humanité est une illusion.

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Guy E – mars 2021

Un autre monde

Un autre monde

Ce matin, j’ai ouvert mes volets,

Et mes yeux se sont émerveillés

De notre terre ensoleillée

Embrasée par cette douce lumière.

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J’ai alors entrouvert mes croisées,

Mes oreilles se sont éveillées

Aux délicieuses ritournelles 

Du merle et de l’hirondelle. 

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Puis J’ai respiré ce doux parfum.

Les fleurs ont laissé leurs embruns

Essence richement composée

Effluve de rose et de serpolet.

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Alors, grisé par tant de douceur

J’ai tourné la tête sans peur.

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Je n’ai vu du décor que la grisaille

Triste revers de la médaille. 

J’ai entendu des échappements

Le sourd grondement discordant

Et senti de l’air environnant

Son souffle empoisonnant.

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Oh jolie planète bleue !

Tu es de ce monde notre mère.

Tu étais notre terre.

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Guy E – mars 2021

Gaïa

Gaïa

Séléné est sortie et regarde la terre.

De son regard moqueur elle toise Jupiter.

Fille ainée d’Hypérion, elle lève ses armées

En montrant du doigt, Gaïa, la bien nommée.

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Elle regarde l’océan, souffle sur les voiliers

Mais ne voit à leur place que de noirs pétroliers.

Où sont ces oiseaux, jadis empereurs des mers,

Leurs ailes sur un océan de polymères ?

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Les eaux apaisées qui caressaient les galets

Agitent alors leurs vagues en frappant les rochers

Et jettent sur les dunes une troupe de démons,

Arrachant le sable, détruisant les maisons.

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L’astre lunaire au plus fort de son périgée,

En flots déchainés dépêche ses marées.

Envoyant ses titans, déchaîne ses tempêtes ;

Point d’indulgence, elle poursuit sa conquête.

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A l’origine du mal, le peuple insoucieux 

Regarde incrédule, la colère des cieux.

Sans comprendre ce qu’ils ont fait du paradis :

De l’Élysée, ils en ont fait une tragédie.

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Guy E – février 2021

Canicule

Canicule

Sirius s’est levé, les cieux se sont dévoilés,

Ravivant les ardeurs d’un soleil surchauffé.

Autour de la mare, la terre crevassée

Autrefois foulée, piétinée, par le bétail,

Se déchire et s’entrouvre sur mille failles.

Portes des enfers pour des démons assoiffés

Dont le souffle brûlant flétrit les pâturages.

La frêle cascade pleure au-dessus du village.

L‘air surchauffé vibre par-delà les pierres,

Rien d’autre qu’une turbulence meurtrière.

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Quelques arbres dont le feuillage disparait,

Emporté et soufflé par une nuée enfiévrée, 

Offrent aux passereaux venus se mettre à couvert

Sous leur frondaison, un asile délétère.

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Plus d’animaux, plus de fleurs, plus de vivant

Qui osent encore affronter cet air pesant.

Les troupeaux assoiffés ont fui la fournaise

Inondant ce désert que plus rien n’apaise.

Désertes aussi les terrasses alanguies

Où les hommes accablés, victimes de torpeur,

Incapables de se mettre au labeur,

Manquent tour à tour de vigueur et d’énergie.

Un souffle ardent impose à tous le repos.

Le village somnole derrière des volets clos.

Une abeille en quête de nectar gesticule 

Sur les broussailles bravant cette canicule.

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Ainsi les yeux implorants, tournés vers l’olympe,

Dans un ultime espoir, tous exhortent les nymphes

A distiller au crépuscule par leur divine alchimie,

Les larmes de la terre en eau promesse de vie.

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Guy E – janvier 2021