
À quoi sert de vieillir, bon sang,
Si c’est pour compter ses printemps,
Rapiéçant les bouts d’antan
Avec des « c’était mieux, avant » ?
Vieillir, c’est apprendre à se taire,
Souvenir d’un reflet dans l’eau,
Sourire d’un rien, d’un thé chaud,
À respirer les vents, la terre,
À quoi ça sert de tant savoir,
Si le cœur s’use à chaque ride ?
On devient sage, oui… mais lucide,
On ose plus, parfois moins tard.
Mais vieillir, c’est pas qu’un naufrage,
C’est un port qui sent la tendresse,
Où l’on dépose avec paresse
Morceaux d’âme et paysages.
Regarder les jeunes danser
Et s’dire, on a dansé plus fort,
C’est voir l’aurore, c’est rire encore,
Enfin vivre, sans se presser.
Et quand la fin fera sa belle,
En robe noire, au bras du temps,
On lui dira : « J’ai pris mon temps,
Mais j’ai vécu, ma demoiselle ! »
G. E. nov 2025