C’était avant…

C’était avant…

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Je ne me souviens plus ni où, quand, ni comment.

C’était ce matin, c’était hier, c’était avant…

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Le monde s’éveillait, à l’aube, rêveries…

Une genèse, un souffle respire, irradie. 

.vie

Une page s’ouvrait, une infinie nature. 

Déjà un mystère : plus bas, une signature ;

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Le futur s’embrasait, écrire le présent

Et franchir sans crainte cet espace et le temps !

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Suivre le chemin vers ses terres inconnues.

Voler du temps au temps enfin sans retenue.

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Alors l’esprit s’ouvre…l’âme nouvelle enfante… 

La conscience apparait, les lendemains chantent !

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      Ce matin, j’ai rencontré ma vie !

forêt

Forêt 

Forêt mystérieuse, forêt magnifique,

Peuplée d’ombres farouches, de lumières douces.

Je parcours tes sentes bordées de soyeuses mousses,

De troncs tourmentés sous des voûtes mystiques.

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Mon cœur insouciant s’emballe puis s’égare

Vers ce ruisseau bordé d’iris et de genêts.

L’onde égraine ses notes en chapelet,

Murmure cristallin que mon âme accapare.

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Le sous-bois me surprend d’un lourd battement d’ailes, 

Invisible présence, témoin qui me rappelle

Les contes fantastiques de sylphes et de lutins.

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L’arbre ancré sur le sol, la tête dans l’éther,

Passeur des âmes entre le ciel et la terre : 

Est-il le lien entre les esprits et les humains.

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Guy E -avril 2021

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Océan

Océan

De mes mains, j’ai puisé l’eau de ton rivage :

Liquide insaisissable, ce n’était qu’un mirage. 

Elle s’est échappée, sans arme ni vacarme ;

Je n’en ai retenu difficilement qu’une larme.

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J’ai ramassé ton sable blanc sur ce rivage, 

D’entre mes doigts, il a glissé sur la plage.

Chacun de ses grains s’est répandu sur la jetée.

Je n’ai su garder que ce petit gravier.

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J’ai saisi une feuille tombée de ce chêne.

Elle a été emportée par le vent sans peine,

S’est envolée, perdue dans cette charmille.

Je n’ai pu rattraper que cette brindille.  

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Aucun filet n’a jamais retenu l’eau ni le sable,

Il en est de même pour les secondes, point de fable.

Chacune d’entre elles, quand survient son tour, enlève

Une goutte de l’océan, un grain de cette grève.

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Et la feuille, disiez-vous qui virevolte dans le vent,

Insaisissable, ne serait-ce pas assurément 

Celle que les hommes nomment communément 

Le souffle, la conscience, l’âme tout simplement.

Guy E -février 2021