
Quand le vent du matin lèche sa cime austère,
Solutré se réveille en rêveur solitaire,
Sentinelle altière, dominant les vallons,
Où l’écho des âges murmure ses chansons.
.
« Ô roche vénérable aux flancs drapés de lierre,
Que de pas frappèrent ton sentier millénaire !
Des chasseurs d’autrefois et leurs cœurs frémissants,
Des âmes en exil aux poètes errants.
.
Le soleil en mourant d’un dernier feu l’embrase,
Comme un phare oublié dans une mer sauvage
Où la vigne en festons enlace le granit,
Donnant au sol sacré son doux vin infini
.
J’y viens en pèlerin y poser ma prière,
Sentir sous mes pieds nus frémir la terre fière,
Écouter dans le vent, comme un chant d’autrefois,
Le soupir de l’histoire, un écho de sa voix.
.
Et lorsque la nuit tombe en son manteau de braise,
Que la lune argentée sur la pierre s’apaise,
Je crois sentir dans l’ombre au détour d’un repli,
L’âme des temps passés qui veille et m’affranchit.
GE Avril 2025

