La mer est triste

La mer est triste…

Ce soir, j’ai vu la mer, le cœur à marée basse,

Dans le soleil couchant, le ciel pleure et s’efface. 

Il fait gris sur la grève, la lune n’est pas venue !

Le ciel tombe et sombre, la brume est revenue !

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Le jour verse sa peine et la vague se brise.

Que cette onde est triste, sous ce ciel, sans surprise !

La mer au loin s’enfuit et nous laisse sans rêve,

Sans un espoir tandis que cette nuit s’achève.

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Demain il fera beau, sous un soleil nouveau.

La lumière forcera le réveil sans fardeau.

Le vent nous soufflera de ces mots sans pareil,

Ces quelques traits d’amour chuchotés au réveil.

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Il suffit de ce rien pour chasser les nuages :

Pas à pas, le soleil a doré le rivage,

Caresse d’une vague qui part en maraude ;

Ce matin voit la mer, le cœur à marée haute.

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Guy E – janvier 2022

Spleen

Spleen

D’où me vient cet étrange sentiment, 

Une impression profonde, un étonnement,

Sensation d’un manque ou d’un oubli,

Retour sur un parcours ressenti.

Est-ce le fruit d’une ambiance 

Ou la source de ma défaillance?

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Je retrouve ma jeunesse ou peut-être mon enfance.

C’était le temps éphémère de l’insouciance,

Souviens-t’en, le temps qui passe est un voyage,

Qui ronge la mémoire, efface les visages. 

Je rêve et espère de la vie en cette fin d’hiver,

Les décors s’estompent, le désir est mon repère.

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Le temps est-il venu de glaner quelques fruits?

Se réjouissant du devoir accompli,

Je m’interdis ce retour vers le passé,

Dont les ombres ne sont que la lumière du présent.

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Guy E -février 2021

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Il pleut sur mon âme

Il pleut sur mon âme

Il pleut sur mes carreaux, il pleut sur mon âme.

Une pluie battante referme tristement ma sphère,

Enfermant tous ses démons derrière cette trame,

Empêchant la délivrance prochaine qu’on espère.

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Poussés, fouettés par ce vent complice en croisade,

Ils envoient leur armée, grains et gouttes par myriades.  

Ces barbares frappent indécemment à ma porte, 

Sous la tonnelle, brutalement s’invitent en cohorte.

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Cruelles, les larmes du ciel s’immiscent et ravinent

Sur le toit ; une horde de furies tambourine,

Cherchant en vain quelque interstice à pénétrer.

L’air devient obscur, la lumière est épaisse …

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Il pleut sur la terrasse, il pleut en rafales.

Cascade céleste ou sombre génie du mal ?

Dans un infernal mugissement, une trombe.

La plaine est inondée et mon esprit succombe.

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Guy E – février 2021

Nostalgie

Nostalgie

Quand vient le soir et que se fane le lys

Je regarde vers le ciel naitre les étoiles,

Âmes des vivants qui tapissent la toile

Souvenirs des anges qui brillent avec malice.

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Quand s’écoulent une à une nos années fuyantes,

Et comme les feuilles du chêne séculaire

Qui se détachent et tombent inexorables à terre.

Souvenirs du printemps et d’effluves enivrantes. 

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Quand la marée dans son incessant va et vient

Prend et ramène grains après grains sur l’estran,

Abandonne au pied de la falaise dans son élan

Coquilles et carapace, vestige qui advient.

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Alors seulement, je me souviens du temps qui fut,

Illusion de l’esprit, méprise du temps qui est,

Défit au présent que le temps ne retient plus.

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Guy E – janvier 2021