Soleil

Soleil

Le soleil réjouit l’esprit :

Il sourit à l’infini,

S’amuse avec les couleurs,

Du beau jaune très flatteur

Jusqu’au bleu du ciel azur,

Puis l’indigo plus obscur.

Il est le plus beau trésor,

Bien plus précieux que de l’or!

A E – mars 2021 10 ans

Aurore

Aurore

Les premiers rayons de l’aube inondent le silence.

Une lumière adoucie éveille mes sens,

Ravive les rêves qui se souviennent de ma jeunesse,

Emportant les craintes de la nuit et ses faiblesses..

Des gouttelettes de rosée exhalent leur parfum,

Avivent mes pensées et l’âme des défunts.

Illusion de l’esprit, je me revois enfant  

À revivre mon passé sous les cieux d’antan.

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Un vieux chêne tourmenté, hôte de mon bonheur,

Baigné aux prémices dorées de cette lueur, 

Laisse de son feuillage tomber les larmes de la nuit

Sur un tapis de fleurs à peine épanouies.

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Il me plaisait de m’appuyer contre son bois,

Rêvant, plein d’espoir, de lumière et d’émoi,

Partageant ma future vie et mes années

Avec celle que j’aurai la chance de rencontrer.

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Guy E – Mars 2021

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Après l’enfance

Après l’enfance

La vie était en moi, je la sentais s’ouvrir.

Pour avoir un futur, il me fallait grandir.

Mes jours se remplissaient de gaieté et d’espoir,

Les cieux m’éblouissaient, racontaient mon histoire.

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Point d’obscurs nuages ni de sombres présages.

Puis j’entendis des mots, dont je n’avais l’usage.

Des mots comme guerre, maladie, souffrance.

J’ai su alors que je n’étais plus dans l’enfance.

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Je connus dès lors de la vie ses deux faces :

Blanche, peut-être noire, un choix sans préface.

Il me fallait la confiance que je devais construire.

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Au long de mon chemin, au cours de mes errances,

Surmontant mes absences, j’ai appris l’espérance .

Les années passées n’ont cessé de me réjouir.

Guy E – mars 2021

Dans l’univers

Dans l’univers

Une galaxie tourne dans l’espace sidéral,  

Symphonie de lumière qui poudroie en spirale.

Mille et une étoiles naissent dans la nuit

Et voyagent dans une Girandole inouïe.

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Tout autour d’un soleil, huit planètes font la ronde.

Miracle de la vie, une seule est féconde.

Sur le fil de son ellipse, parfaite équilibriste,

Dans sa tournée infinie, elle joue à l’artiste.

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Devant l’astre solaire, la Terre est une toupie.

Elle tourne jour et nuit à en avoir le tournis.

Au rythme des saisons, elle roule en mesure.

Un tour en vingt-quatre heures, c’est sa signature.

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De ces plus hauts sommets aux océans profonds,

Une vie ardente se développe à profusion.

Une brillante espèce sème alors la confusion.

Sur la Terre, l’humanité est une illusion.

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Guy E – mars 2021

Le marais

Le marais

Cheminement entre les reflets des saules,

Cheminement des rêves au milieu des chaumes.

Il en est de l’eau comme il en est de l’ombre :

Elle nous suit et se fond dans la pénombre,

Insaisissable, peut-être même sournoise,

Dans le fond que cache-t’elle : ombre chinoise…

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Ici, point de berge et là, point de repère,  

On avance sans crainte et on s’y perd.

Seules quelques racines, serpents aquatiques

Sortent du marais, tentacules fantastiques.

Nos pas accrochés hésitent et s’enlisent,

Enfin se dégagent de cette nature insoumise.

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Une croisée de joncs, barrière végétale,

Interdit la sortie de ce funeste dédale.

Devant notre désarroi, une foulque glousse

Tandis qu’une sarcelle nage à ses trousses.

Un héron gris aux longues pattes lustre ses plumes,

Une cigogne du haut de sa tour joue de l’enclume.

Sur la mare lentement s’étend un voile de brume.

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Le marais somnole et revêt son sombre costume.

Du linceul funeste, il est temps de s’évader

Geôle sans barreaux, la délivrance est concédée.

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Guy E – mars 2021

Illusion

Illusion

Un bassin où les troupeaux assoiffés allaient boire : 

Creusé dans la pierre, j’en devinais le pouvoir.

Une source chantante emplissait ma mémoire,

Égrainant les notes cristallines, tel un oratoire.

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Un cerisier en fleur penchait sur cet abreuvoir, 

Image virtuelle … La surface de ce miroir

Reflétait sans pudeur, de la silhouette gracile,

Les attraits juvéniles d’une jeune fille.

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Point de nuages dans cet azur bleuté

Sur la pierre quelques pièces d’or brillaient

Que m’arrivait-il ? à mon tour, je jetais une lire.

Je fis un vœu ou un serment, celui de revenir.

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Guy E – mars 2021

Un autre monde

Un autre monde

Ce matin, j’ai ouvert mes volets,

Et mes yeux se sont émerveillés

De notre terre ensoleillée

Embrasée par cette douce lumière.

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J’ai alors entrouvert mes croisées,

Mes oreilles se sont éveillées

Aux délicieuses ritournelles 

Du merle et de l’hirondelle. 

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Puis J’ai respiré ce doux parfum.

Les fleurs ont laissé leurs embruns

Essence richement composée

Effluve de rose et de serpolet.

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Alors, grisé par tant de douceur

J’ai tourné la tête sans peur.

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Je n’ai vu du décor que la grisaille

Triste revers de la médaille. 

J’ai entendu des échappements

Le sourd grondement discordant

Et senti de l’air environnant

Son souffle empoisonnant.

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Oh jolie planète bleue !

Tu es de ce monde notre mère.

Tu étais notre terre.

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Guy E – mars 2021

Le retour du printemps

Le retour du printemps

Voilà enfin revenu le temps du solstice,

De la lumière vive et des myosotis.

Tant attendu, le temps est venu pour l’hiver  

De s‘en retourner et s’endormir en enfer.

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Le coucou gris cherche, dans la haie de charmille,

Un squat adéquat pour déposer sa famille.

Les bourgeons empourprés dégrafent leur corset,

Sous l’œil rayonnant de l’impatient jardinier.

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Par ses joyeux trilles, symphonie inédite

Lancée par le merle noir sur le lilas blanc,

L’oiseau chantant nous invite opportunément 

À profiter sans attendre d’un air de printemps.

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C’est aussi le temps des émois, des émotions,

Qui font vibrer tant d’âmes d’une douce passion.

En cette saison, point de potion ni de philtre,

Il n’y a que l’amour qui s’invite au chapitre.

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Guy E -mars 2021

Les amants du crépuscule

Les amants du crépuscule

Alors que le ciel du soir flamboie,

Puis sombre sans espoir et se noie

L’astre du jour peu à peu s’éteint,

Dans les eaux profondes du lac voisin.

Alors émergent des ombres intrigantes,

Fantasques créatures menaçantes,

Qui dévorent avidement la lumière,

Reflets dorés, faisant fi de nos prières ;

Leur souffle malicieux, brise insolente,

Écarte quelques feuillages denses

Dévoilant pudiquement l’astre de la nuit,

Et se croyant en l’instant à l’abri

Ces amants à jamais incompris.

Alors Le dôme céleste s’illumine

Reflétant l’amour dans leurs yeux

Leur doux serment insoucieux

Que même une nuit scélérate

Ne pourra effacer à cette date.

Un oiseau de nuit s’empresse

Témoin furtif de leur promesse.

Guy E – mars 2021

Aurores boréales

Aurores boréales

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Le disque solaire fatigué a fui le jour.

Une lueur diaphane dessine le contour

De ce croissant de lune qui monte à l’horizon.

La nuit mystérieuse s’épaissit tel un poison.

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Elle dévoile pudiquement des ombres d’un autre âge

Qui se mettent à danser au-dessus des nuages.

Qui a semé dans les nues cette poussière d’étoile,

Venue des confins, s’accrocher à notre toile ?

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Est-ce une respiration divine, un vent solaire ?

Qui souffle dans cet abysse crépusculaire ?

Je me plais à imaginer tous ces soupirs.

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Esprits exhalant sur ce voile or et saphir,

Lumière douce venue valser au firmament,

Âmes des ancêtres en mal de leurs enfants.

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Guy E – février 2021

Trois chrysalides

Trois chrysalides

Lorsque nos deux âmes enivrées de jeunesse

Se reconnurent bercées par tant d’allégresse,

Guidé par Cupidon, j’ai reconnu dans ta voix,

L’accord majeur qui devait enchanter ma voie.

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Tes vingt ans fleurissaient à l’aube d’un serment.

J’en ai gardé un bouquet en mon cœur aimant :

Trois jeunes chrysalides s’y étaient abritées ;

Butinant notre amour, elles se sont transformées.

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Après leur envol, le vent les a dispersées :

Au gré des courants, elles se sont laissées bercer.

Vers d’autres horizons, elles cueillirent leur bouquet.

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Notre bonheur, fruit de ce hasard facétieux,

Illumine notre temps à la lumière de tes yeux,

Quand quelques papillons voltigent dans nos cieux.

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Guy E – février 2021.

L’enfance

L’enfance

Que j’aime à me souvenir de ce jeune enfant.

Il avait dix ans et voulait devenir grand.

C’était le temps infini de l’impatience,

Celle qui a le pouvoir de dilater le temps

Et de vivre sagement le temps de l’instant.

Un âge qui n’a pas encore de passé

Pour altérer les pensées,

Celui de l’insouciance sans offense.

Il s’éveillait à la vie, à son existence.

Il lui fallait accéder à la connaissance :

Tout était si beau et tout était si grand ;

Son univers était celui de ses parents.

Dans son cœur plein d’ardeur, un soleil, une fleur,

Un pays des merveilles, le bonheur…

Que ses soldats de plomb avaient belle allure !

Ils composaient même son armure.

C’était le temps des secrets,

Ceux qui n’inspirent aucun regret.

Pourtant il lui fallut grandir,

De sa prime enfance s’affranchir.

L’inévitable abandon de sa jeunesse

Lui a créé de son passé, sa sagesse.

Alors, est-ce l’empreinte d’une vie équilibrée ?

Il ne ressent aujourd’hui aucun regret.

Guy E – février 2021

Vers le Nouveau-Monde

Vers le Nouveau-Monde

La mer se prélasse en remontant l’estran,

Bercées par la marée les vagues attendent le vent.

Ecoute cette rengaine, sempiternel chant,

Rumeur inchangée depuis la nuit des temps.

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Sous les nuages blancs porteurs d’illusions 

Quelques voiles disparaissent à l’horizon.

De doux zéphyrs animent les gréements,

Les équipages voguent vers un nouveau continent.

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Ils sont partis, abandonnant leur tourment,

L’esprit tourné vers le large, leurs rêves bien présents.

Sur la plage, la mer s’est retirée sans amertume

Ne laissant qu’un murmure, agrippé à l’écume. 

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Où sont-ils ? Le vaste océan les a-t-il perdus ?

Dans les chaumières, leur souvenir se perpétue :

On parle d’aventures et d’un nouveau monde,

Mais point de pleurs ni de drame qui grondent.

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As-tu vu au loin cet oiseau porteur d’espoir ?

Missive d’outre-mer qui nous laisse entrevoir,

D’une vie meilleure, une incertaine destinée :

D’autres abandonnent la patrie pour cette odyssée.

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Sur cette terre inconnue, ils fondent leur avenir ;

Aussitôt se mettent au travail sans défaillir.

Ont-ils voulu oublier leur racine dans le vent, 

Sur la terre qu’ils appelleront le vieux continent ?

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Guy E – février 2021

Le bonheur du printemps

Le bonheur du printemps

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Déjà, le printemps revient, nos âmes s’enchantent.

Pendant que le soleil réveille les herbages,

Le froid tenace s’accroche aux lointains alpages

Et cède la place à cette saison qui chante.

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Les arbres nus s‘habillent de soie et de velours.

Nous partons dès l’aurore réveiller la tourterelle :

Baignée de lumière elle s’envole à tire-d’aile.

Respirons la rose et la violette, mon amour !

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Nous remplissons nos mains de blanches primevères.

Le coucou s’est caché, irons-nous le chercher ?

On s’égare en suivant le cours de cette rivière.

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La lumière nous livre de la terre ses pépites.

Nous nous sentons empli d’un bonheur exalté.

Le monde rit, il nous sourit, mon cœur palpite.

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Guy E – février 2021

Mon arbre

Mon arbre

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Un arbre dans un verger, c’est vraiment banal :

Un tronc, trois branches, il n’y a rien d’original.

Chaque année de mon enfance, je le retrouvais.

C’était mon arbre, majestueux, il m’attendait.

Dès mon arrivée, chaque feuille m’appelait.

Un ou deux nœuds en guise de marchepieds ;

J’étais seul, je réalisais mes rêves de papier.

Je naviguais, fier capitaine de vaisseau !

J’affrontais les tempêtes sur des océans sans eau,

Un aquilon soufflait fort dans les branchages :

Le navire tanguait, je devais éviter le naufrage.

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Maîtrise des éléments, je me félicitais.

A peine rentré au port, déjà je m’envolais,

À bord d’un aéronef, je visitais les cieux,

J’explorais de lointains pays mystérieux,

Un peuple inconnu me faisait vivre cette aventure.

Mon cœur d’enfant palpitait sans démesure.

De cet arbre, j’en avais fait une partie de vie,

C’était mon refuge, avec lui, j’étais en harmonie.

Puis vint un jour où je n’entendis plus les feuilles :

Était-ce une tempête ? plus sûrement un écueil…

J’avais déserté mon poste et m’en sentais coupable,

Mon navire s’était couché sans personne à la barre.

Il avait fait naufrage, emmenant sans bruit

Une partie de mon enfance avec lui.

Guy E – février 2021