Prisonnier du temps.

Prisonnier du temps.

.

De passage en ce monde, 

Mon esprit vagabonde.

Je suis un rebelle !

.

Le temps est ma prison

Qui n’admet aucune trahison.

Je suis un rebelle !

.

Vigile de mon existence,

Il est le gardien de mon essence.

Je suis un rebelle !

Jamais le temps ne passe.

Je m’échappe avec audace.

Je suis un rebelle !

.

Il me rattrape et me replace,

M’enferme dans sa carapace.

Je suis un rebelle!

.

Alors, je m’échoue sur une plage 

Pour regarder l’ombre des nuages .

J »étais un rebelle!

.

Et me dis alors : la vie est belle !

A quoi bon être rebelle ! 

.

Guy E- août 2021

Univers

Univers

Mes rêves éveillés se tournent vers l’univers :

De son infinie vacuité, j’en imagine la frontière.

De son espace irradié, j’appréhende le vide

Animé par un monde d’intrépides sylphides.

.

Exercice difficile de mon imagination :

Du temps et de l’espace, une conception

Qui en nie les limites et la démesure.

Sous ma chevelure, mon esprit se torture…

.

L’univers serait-il une âme inaccessible,

Intrication de la matière et de l’esprit

Dont l’ultime finalité résume la vie,

Exercice du principe de l’entropie ?

.

Derrière ce Macrocosme, une conscience ? 

De l’absolu, la vie n’est pas que l’existence.

Toute religion ramène l’homme à son égo.

Et si Dieu existait, faudrait-il un embargo ?

.

Guy E – avril 2021

Le funambule

Le funambule.

Je suis funambule, je marche sur un fil.

Pas de vertige, j’avance mot à mot.

Alors, sans jeux de mots pour me faire défaut,

De toutes mes pensées, je ne perds pas le fil.

.

Je suis un équilibriste au fil de mon temps.

La plume est mon balancier, quelle fantaisie !

Sur une corde raide, je déroule ma vie,

Je me balance dans les airs au gré du vent.

.

Je suis acrobate, posé sur une branche.

Tel l’oiseau, je me lance dans une voltige.

Trop de pieds, point de rime, je n’ai pas de rémiges.

Hélas, je n’ai pas d’autre carte dans ma manche..

.

Je suis magicien en quête de vérités.

Avec peu de talent, je change les mots en rêves.

Illusionniste, mon cœur battant sans trêve,

De l’âme d’enfant a gardé ses qualités.

.

Guy E- avril 2021

Illusion

Illusion

Un bassin où les troupeaux assoiffés allaient boire : 

Creusé dans la pierre, j’en devinais le pouvoir.

Une source chantante emplissait ma mémoire,

Égrainant les notes cristallines, tel un oratoire.

.

Un cerisier en fleur penchait sur cet abreuvoir, 

Image virtuelle … La surface de ce miroir

Reflétait sans pudeur, de la silhouette gracile,

Les attraits juvéniles d’une jeune fille.

.

Point de nuages dans cet azur bleuté

Sur la pierre quelques pièces d’or brillaient

Que m’arrivait-il ? à mon tour, je jetais une lire.

Je fis un vœu ou un serment, celui de revenir.

.

Guy E – mars 2021

Petit délire

Petit délire

.

Je voulais arrêter le temps,

Le rendre intermittent.

.

De mon horloge, j’ai retiré l’aiguille :

Celle des heures qui a le plus de valeur,

Mais cela n’a pas été salvateur.

Dans la cour, l’ombre du sapin

A continué à tourner sans fin.

.

Alors, j’ai pris la grande aiguille,

Celle qui ressemble à une anguille.

Railleur, je l’ai montrée au soleil : 

Moqueur, il m’a ri au nez au réveil

Et l’ombre continuait à tourner.

.

J’ai alors décollé la dernière aiguille,

Celle qui fait courir les secondes

Et fait tourner le monde.

.

L’ombre ne s’est pas arrêtée.  

Alors, j’ai coupé l’arbre effronté

Et enfin l’ombre s’est effacée.

Il n’y avait plus d’ombre portée.

.

Derrière les carreaux entrouverts,

L’horloge scandait son tic-tac,

Et moi je comprenais : arnaque !

Guy E – février 2021

Songeries

Songeries

Vaisseau diaphane, voile de coton,

Tu voles vers de lointains horizons.

Au gré d’Éole, tu enflammes les nues, 

Dès l’aurore dans une course éperdue.

Irisant la toile céleste de nuances dorées,

Fuite sans bataille, tu cours les nuées.

Modelées par quelques dieux incompris,

C’est bien dans les courbes de mon esprit,

Formes aériennes, immatérielles et changeantes, 

Que visage ou animal tu enfantes.

Tu prolonges alors mes errances, rêveries.

Cupidon apparait, allégorie…

Fruits de ma conscience, je ne vois que toi

Ton reflet transporte mon cœur en émoi. 

Portés par l’onde limpide, sans compromis

Notre amour éternel nous réunit.

.

Guy E – janvier 2021