L’autre e(s)t moi

L’autre e(s)t moi

Je suis cet étranger, celui que je regarde,

Celui que je découvre comme par mégarde.

.

Quand je le rencontre, point de reconnaissance,

Je tourne la tête sans autre complaisance.

.

Je suis un inconnu que dans la vie je croise ;

Et aussi celui que, peu à peu, j’apprivoise.

.

Dans le temps et l’espace, parfois je m’appelle, 

Aussi je me recherche et même m’interpelle.

.

Une voix résonne en moi, alors je sursaute :

Qui est-il ? Est-ce lui ? Est-ce moi ? Est-ce un autre ?

.

Enfin, me découvre. Est-ce la force d’écrire ?

Alors, Je rencontre l’Autre, et l’Autre c’est Moi.

.

Guy E-septembre 2021

Prisonnier du temps.

Prisonnier du temps.

.

De passage en ce monde, 

Mon esprit vagabonde.

Je suis un rebelle !

.

Le temps est ma prison

Qui n’admet aucune trahison.

Je suis un rebelle !

.

Vigile de mon existence,

Il est le gardien de mon essence.

Je suis un rebelle !

Jamais le temps ne passe.

Je m’échappe avec audace.

Je suis un rebelle !

.

Il me rattrape et me replace,

M’enferme dans sa carapace.

Je suis un rebelle!

.

Alors, je m’échoue sur une plage 

Pour regarder l’ombre des nuages .

J’étais un rebelle!

.

Et me dis alors : la vie est belle !

A quoi bon être rebelle ! 

.

Guy E- août 2021

Inspiration

Inspiration

Quand du simple et pesant silence 

Qui n’autorise plus l’espérance, 

Les mots se vaporisent.

Ce vide me terrorise.

Plus la raison s’arrange, 

Plus la mémoire se dérange,

Qui se brouille et s’assèche.

En vain, la muse prêche,

La plume devient lourde.

Calliope devient sourde.

Alors les mots se cachent,

De mon expression point de panache.

Mon regard divague, l’esprit se perd.

Devant la page, je tempère.

Je tente etrecherche la rime,

Mais là encore, rien ne s’exprime.

Je suis à la recherche d’un sens

Et n’en trouve aucune réjouissance. 

Je n’ai donc point de souffrance, 

Point d’amertume, que des absences.

Guy E – juillet 2021

Croches et pointes

Croches et pointes.

Quand cette frêle silhouette élastique

Rythme, en sauts de chat et jetées fantastiques,

Les accords d’une gracieuse symphonie

D’un corps juvénile qui danse en harmonie.

.

Quand d’un violon qui pleure entre deux silences,

Une complainte qui résonne avec cadence,

Les notes s’envolent dans le puits de mon âme,

Et dansent un instant au timbre de ses gammes.

.

Sur scène, où la lumière illumine son cœur, 

Je vois fuser les mélopées du bonheur

D’une danseuse, prête à prendre son essor.

.

De l’âme de l’alto à celle du cygne,

Il lui suffisait de tracer la droite ligne.

Deux chaussons de satin ont été son ressort.

.

Guy E – mai 2021

Entre terre et mer

Entre terre et mer

Dessous ce ciel azuré, une mer turquoise,

Des galets polis roulés par la mer d’Iroise.

Je pose mon regard sur l’horizon lointain

Mon esprit s’évade vers un monde incertain.

.

L’étrave haute et fière d’une goélette

Éclabousse les flots de mille gouttelettes.

Ses haubans dorés vibrant aux souffles d’Éole, 

Elle disparait sous la mer et son étole.

.

À mes pieds les vagues sans fin courent la plage

Sur cette frange de la terre, elles voyagent

Sur un rythme lancinant qui traverse les temps.

.

De leur refrain chanté qui caresse la grève,

Elles appellent l’oiseau comme dans un rêve

Qui vient se poser à mes côtés en chantant.

.

Guy E – avril 2021

Mon vaccin

Mon vaccin

Un nouveau printemps est là, le virus demeure.

Sur la terre, sans vergogne, il dissipe la peur 

Et active sournoisement la défiance.

Aucun dialogue ne supprime la méfiance.

.

Notre belle France, patrie de Pasteur, enrage.

Existe-t-il un vaccin contre les commérages ?

Sur les petites ondes et les grands écrans,

Tout à chacun se prend pour un démiurge

Dont le génie exprimé par les dramaturges, 

Contredit de nos concitoyens le bon sens, 

Trop souvent occulté par la méconnaissance.

.

Puissance de la science, un vaccin en est l’essence :

Inconscience de certains ou antithèse de l’excellence ?

Mettant en avant un manque de certitude, 

Ces vaccins décriés, génèrent l’ingratitude,

La source de nos maux et de notre discorde.

.

Principe de précaution, point de miséricorde.

Disproportion du doute, la faute à nos dirigeants !

Cette résistance est pour le moins affligeante.

C’est ainsi que pour retrouver ma liberté,

C’est décidé, je me fais vacciner.

.

Guy EDUS – mars 2021

Océan

Océan

De mes mains, j’ai puisé l’eau de ton rivage :

Liquide insaisissable, ce n’était qu’un mirage. 

Elle s’est échappée, sans arme ni vacarme ;

Je n’en ai retenu difficilement qu’une larme.

.

J’ai ramassé ton sable blanc sur ce rivage, 

D’entre mes doigts, il a glissé sur la plage.

Chacun de ses grains s’est répandu sur la jetée.

Je n’ai su garder que ce petit gravier.

.

J’ai saisi une feuille tombée de ce chêne.

Elle a été emportée par le vent sans peine,

S’est envolée, perdue dans cette charmille.

Je n’ai pu rattraper que cette brindille.  

.

Aucun filet n’a jamais retenu l’eau ni le sable,

Il en est de même pour les secondes, point de fable.

Chacune d’entre elles, quand survient son tour, enlève

Une goutte de l’océan, un grain de cette grève.

.

Et la feuille, disiez-vous qui virevolte dans le vent,

Insaisissable, ne serait-ce pas assurément 

Celle que les hommes nomment communément 

Le souffle, la conscience, l’âme tout simplement.

Guy E -février 2021

Infini

Infini

Infini le désert qui s’enfuit à l’horizon,

Poussé par ce vent, véritable poison

Transportant l’espoir d’un peuple nomade.

.

Infinie cette banquise, désert glacé

Qui glisse vers un océan agité,

Dernier refuge d’un monde sauvage.

.

Infini l’océan qui s’écoule vers le lointain,

Emmenant avec lui la vie de ce marin.

.

Infini le chagrin de l’épouse qui chaque matin

Espère en son sein le retour de son marin.

.

Infinis son ennui et sa solitude intense

Quand elle mesure le vide de son absence.

.

Infini ce temps, enfermé dans ce sablier

Qui lentement égrène les secondes sans l’oublier.

.

Infinie cette profonde nuit étoilée

Comptant plus d’astres qu’elle ne peut imaginer.

.

Infini le calice de cette fleur qui contient

Tous ces grains, espoir d’une vie sans fin.

.

Infinis ses pensées et ses rêves

Qui transcendent chacune de ses aspirations.

.

Infini son amour perdu qui à chaque respiration

Surpasse sa vaine passion.

.

Infinie sa joie au retour de son bien aimé.

Guy E – janvier 2021

Les cinq sens

Les cinq sens

Ce matin,

J’ai vu la lumière se refléter dans tes yeux

Et l’aurore enflammer les cieux.

Eos, baignant de ses larmes, rosée du matin

Annoncer l’astre du jour promesse du quotidien

Et l’espoir qui a suivi.

.

Ce matin,

J’ai écouté le chant du temps qui passe,

le rire de l’enfant, ponctué de sanglots,

l’adagio de ta voix, qui m’a  transporté;

j’ai entendu ton appel

Et l’espoir qui a suivi.

.

Ce matin,

J’ai senti le souffle glacé de l’hiver,

Le vide qui suit le néant,

Le rien avant le tien,

Puis ta main prenant la mienne

Et l’espoir qui a suivi.

.

Ce matin,

J’ai respiré ton doux parfum,

Effluve cosmétique ou fragrance enivrante,

Raffinement des sens,

Et l’espoir qui a suivi.

.

Ce matin,

J’ai goûté le bonheur,

Piment de la vie.

Tu étais là,

Et l’espoir qui a suivi.

Guy E – janvier 2021