Entre maintenant et demain

Entre maintenant et demain

Sur la place,

un banc,

un peu trop haut

pour des pieds

qui pendent.

Sur le banc,

un enfant.

Ses chaussures

ne touchent pas

le sol.

Elles balancent

le temps.

Il regarde passer 

les nuages

qui changent de forme

sans prévenir.

Les moutons

deviennent des dragons,

les feuilles tombent

exprès

pour être attrapées.

Mais l’enfant

rêve à demain.

Une idée arrive,

en courant,

les lacets défaits.

Elle trébuche.

Il la reconnait,

lui fait de la place

entre maintenant

et demain.

L’idée rit,

reste un peu,

puis s’envole

sans dire au revoir.

L’enfant sourit.

Il sait déjà

qu’elle reviendra.

Le banc reste,

l’enfant aussi.

Et le temps

s’oublie

un instant.

GE Janvier 2026

J’ai bu l’eau des mirages

J’ai bu l’eau des mirages, au creux d’un vent doré,

Là où dansent les songes que nul ne peut cerner.

Une goutte de brume au parfum d’horizon

S’est posée sur mes lèvres, une douce illusion.

J’ai tant aimé m’abreuver de l’eau des mirages,

Y lire le reflet d’un ailleurs, d’une image.

Recueillir sur la grève cette onde illusoire,

Tremper mes lèvres pour que naisse l’espoir.

Des oasis féconds brillaient dans mes pensées,

Chaque reflet du sable était une marée,

Et le ciel, alangui sur les dunes sans âge,

M’offrait le souvenir d’un ancien voyage.

Les pas que je traçais s’effaçaient aussitôt,

Comme un rêve trop pur qu’on garde sous la peau.

Mais cette eau que j’ai bue, fragile et passagère,

A laissé sur mon cœur des bulles de lumière.

J’ai aimé y noyer ma soif de paysages,

Mais parfois, l’illusion tient lieu de rivage.

J’ai appris à boire l’air et ses horizons. 

Ainsi la soif apprend à aimer sans raison.

J’ai bu l’eau des mirages, elle m’a transformé.

Je marche désormais sans vraiment m’arrêter,

Cherchant dans chaque aurore, en chaque paysage,

L’écho de cette soif, l’éclat de ce mirage.

G.E – oct 25

Ce poème est une métaphore du cheminement intérieur, spirituel ou émotionnel. Il parle de la quête d’un ailleurs, du désir de beauté, de sens, d’amour ou de vérité — et de la prise de conscience que ces choses sont souvent des mirages.l’illusion est valorisée. Elle nourrit l’espoir, elle transforme, elle fait avancer et si l’on ne trouve jamais vraiment ce qu’on cherche, la quête elle-même est ce qui donne un sens à la marche.

Le pinceau de l’âme

blue skies

J’ai déposé un mot
Comme un coup de pinceau.
Un parfum qui effleure
Et repart sur la pointe des heures.

Mes contradictions déboulent,
Émois légers, doutes lourds…
Une âme qui s’imagine
Quand le cœur s’illumine.

Je veux l’envol sans ailes,
La liberté peinte dans le ciel !
J’appelle la paix comme une prière,
Mais j’en oublie souvent la lumière.

Je célèbre chaque émotion vécue
Comme un trésor entrevu.
Puis, sans regret, je l’enterre
Sous une ombre salutaire.

Le silence m’habite
Comme une musique parasite :
Je voudrais parler, 
Mais c’est l’essentiel que je tais.

Parfois j’énonce en rengaine,
Mes élans, de mes peines, 
Comme pour les protéger
De la gravité qui veut les briser.

Je tisse mon errance
En fragments d’espérance.
Chaque phrase est un vase
Qui attend son bouquet avec audace.

Je suis ce souffle incertain,
Ni fort, ni étreint…
Une résistance en marche,
Un poète qui se cherche.

G.E – Août 2025

Quand le futur…

Au delà…

Derrière l’horizon, où le soleil s’endort,

Se cache l’avenir, un rêve sans décor.

Derrière cette ligne, où le jour se retire, 

Se cache un mystère, un monde qui soupire.

Derrière la terre, au-delà des frontières,

S’étend un univers, un océan de mystères.

Derrière l’univers, où les étoiles dansent,

Se trouve une lueur, l’étincelle de la vie.

Derrière la vie, où naît la conscience,

Il y a l’espérance d’un bonheur insouciant.

Derrière l’espérance, là où le doute s’efface,

Il y a l’homme et ses multiples volte-face.   

Derrière l’homme, et son cœur si changeant,

Il y a l’enfant, innocent et si charmant.

Cet enfant qui sourit, qui croit en l’avenir,

Qui voit la beauté, là où est son désir.

Il porte en son âme, une lumière pure,

Un éclat de vie, une douce aventure.

Derrière chaque voile, chaque ombre, chaque vent,

Il y a cet enfant, éternel et constant.

Retenons en nos cœurs ce trésor précieux,

Derrière l’homme, c’est l’enfant qui se fait Dieu.

Cet enfant qui rit, qui voit au-delà de l’invisible,

Qui trouve de la magie dans l’imperceptible.

Il porte en lui notre espoir, une douce lumière,

Un éclat de bonheur, une force singulière.

.

Il nous faut en nos âmes, garder ce trésor caché,

Car derrière l’homme, c’est l’enfant qui fait rêver.

GE – juin 2024

Une bouteille à la mer

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Une bouteille à la mer

À travers les océans, bravant les tempêtes,

Guidée par le destin, elle poursuit sa quête.

Elle emporte des mots, des rêves, des prières,

Pour toucher un cœur, apaiser une misère.

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Dans son ventre de verre, elle cache un message,

Des mots empreints de foi, de chaleur, de courage…

Qui chantent sa mélodie d’espoir et de vie,

Éclairant le chemin de celui qui s’en saisit.

.

Que celui qui la trouve entende sa supplique !

Qu’il ouvre le parchemin, qu’il lise et s’explique :

Dans cette bouteille, plus que de simples mots,

L’espoir d’un lien, d’un échange, d’un écho.

.

Que celui qui la découvre entrouvre son cœur –

Que la magie de l’espoir s’opère en douceur.

La bouteille à la mer, témoin de l’humanité,

Porte la promesse d’un lendemain enchanté.

.

Ainsi va le flacon -messager inconnu-

Sous un ciel azur, un avenir suspendu…

Au gré des courants, elle poursuit son voyage,

En attendant qu’enfin, s’effacent les orages.

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GE – janvier 2024

Immortalité

Immortalité

Nos jours raccourcissent, blanchissent à l’aurore :

Triste annonce des ans que les heures dévorent.

Sans plainte ni soupir, partir sans un regret,

Pour un ultime départ vers ce grand secret.

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L’ombre étend ses ailes comme un oiseau perfide,

Suspendu au-dessus du berceau de la vie.

Une fin de l’espoir dans un monde de foi,

La chair fatiguée s’accroche encore sans joie.

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Le corps chéri défie l’abandon de son âme

Comme la fière armée défend son oriflamme.

Liens sacrés dénoués par une main profane, 

Déjà ils se rompent, ne sont que filigrane…

.

La destinée de l’homme n’est pas dans son temps –

Point ce puissant cours d’eau ne meurt dans l’océan.

Fondue dans la marée mais vive dans sa course,

L’onde coule sans fin depuis sa prime source.

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Guy E – février 2021

Un oiseau chante

Un oiseau chante,

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Attrape son chant, il s’échappe dans les airs.

Place-le dans ta poche, il n’est pas ordinaire.

Ce chant de liberté, le refrain de la vie.

Ce sont quelques notes que le ciel te confie.

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Écoute encore ce chant : il colore ton ciel,

Il fait battre les cœurs d’un seul battement d’aile ;

C’est une offrande, précieuse à ton oreille,

Une sérénade qui le matin t’éveille.

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Chante mon bel oiseau, à rompre ce silence !

Soit la voix de l’amour et de la confiance,

Tes couplets mélodieux ravissent l’esprit

Et exaltent les âmes sans besoin d’écrit.

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Cet hymne céleste est porteur de la sagesse.

Il éclaire les hommes sans autre noblesse.

Lors de ces temps ingrats, puissent tes jolies strophes

Éviter sur terre toutes les catastrophes.

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Guy E – juillet 2021

L’exil des anges

L’exil des anges

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Où sont passés les anges ? Je ne vois plus leurs ailes,

Ils ont déménagé, l’homme est trop infidèle.

Ils ont laissé les démons dans le firmament,

Courir sans but à la recherche du néant.

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Où sont les anges et leurs générosités,

Sans haine et sans vengeance, pleins de gaieté ?

Ils se sont exilés, volant vers d’autres cieux,

Abandonnant les hommes si prétentieux.

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Les peuples se battent pour un oui, pour un nom,

Celui d’un dieu, oubliant leur communion.

En quête incessante de paradis pluriels,

Ils n’ont plus que des lumières artificielles.

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Ce matin, j’ai remarqué une plume blanche 

Virevoltant dans la cour de branche en branche ;

Trace éphémère d’un messager céleste,

Porteur d’un espoir audacieux… j’atteste !

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Guy E-Juin 2021

Après l’enfance

Après l’enfance

La vie était en moi, je la sentais s’ouvrir.

Pour avoir un futur, il me fallait grandir.

Mes jours se remplissaient de gaieté et d’espoir,

Les cieux m’éblouissaient, racontaient mon histoire.

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Point d’obscurs nuages ni de sombres présages.

Puis j’entendis des mots, dont je n’avais l’usage.

Des mots comme guerre, maladie, souffrance.

J’ai su alors que je n’étais plus dans l’enfance.

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Je connus dès lors de la vie ses deux faces :

Blanche, peut-être noire, un choix sans préface.

Il me fallait la confiance que je devais construire.

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Au long de mon chemin, au cours de mes errances,

Surmontant mes absences, j’ai appris l’espérance .

Les années passées n’ont cessé de me réjouir.

Guy E – mars 2021

Sonnet de l’espoir





Sonnet de l’espoir

Je me lève, je vis, je m’endors et sombre,

La vie me rappelle trop vite et trop courte.

Quelle route, quel signe, tout est ombre,

A l’heure du choix, les minutes s écourtent.

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A l’horizon, le ciel se déchire, lumière noire,

Les nimbes s’ouvrent, effacent la douleur.

Chemin de vie ou signe d’espoir,

Dans cette nouvelle vie, je serai acteur.

.

Lorsque seul, il n’y a plus que toi,

Alors et seulement, je crois en moi,

Le doute est-il là, mais où est-il ?

.

Désiré et espéré, enfin le bonheur est à l’aise.

De mon premier malheur, il en oublie la thèse ;

Harmonie des sens que j’aime ton style.

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Guy E -janvier 2021